La médina de Fès au Maroc et son quartier des tanneurs.

Fès ou Fez  est une ville du Maroc septentrional, située à 180 km à l’est de Rabat, entre le massif du Rif et le Moyen Atlas. Faisant partie des villes impériales du Maroc, elle a été à plusieurs époques la capitale du pays et est considérée de nos jours comme sa capitale spirituelle. Sa fondation remonte à la fin du viiie siècle, sous le règne de Moulay Idriss Ier. Son prestige passé en a fait l’un des foyers majeurs de la civilisation islamique relié à Bagdad, Damas, Cordoue, Le Caire, Kairouan, Grenade, Palerme, Ispahan ou Samarcande, avec lesquels elle avait établi des échanges aussi bien économiques que sociaux et culturels. Divers titres ont été attribués à la ville de Fès, dont l’Athènes de l’Afrique, la reine du Maghreb et la Bagdad du Maghreb. Fondée au IXe siècle et abritant la plus vieille université du monde, Fès a connu sa période faste aux XIIIe et XIVe siècles, sous la dynastie mérinide, quand elle supplanta Marrakech comme capitale du royaume. Le tissu urbain et les monuments essentiels de la médina remontent à cette période. Ce sont le médersa, les fondouks, le palais et demeures, les mosquées, les fontaines, etc. En dépit du transfert du siège de la capitale à Rabat, en 1912, elle garde son statut de capitale culturelle et spirituelle du pays. On dit que la Médina de Fès, au Maroc, est constituée de plus de neuf mille ruelles qui se croisent. La traverser, c’est voyager dans le temps, savourer les odeurs et les goûts de la partie la plus ancienne de la ville, découvrir le charme de la musique andalouse derrière les barreaux de certaines fenêtres. 

L’odeur de la médina de Fès

L’odeur de la médina de Fès conduit à ses célèbres tanneries, les tanneries situées dans la zone centrale, le “Souk des Tanneurs”. Dans ces tanneries, le cuir est travaillé à la main, de manière traditionnelle depuis sept mille ans. Les peaux sont immergées dans une palette de cuves en argile avec différentes teintures. Ce sont des cercles creusés dans le sol de plusieurs couleurs. Ces peaux sont laissées là jusqu’à ce que, après un certain temps, elles acquièrent la couleur de la teinture. Ce n’est pas vraiment une odeur très agréable dans ces tanneries. Les teintures sont généralement faites à partir d’urine de vache, de crottes de pigeon et d’huiles de poisson, mais lorsqu’ on arrive dans les magasins, ils offrent des branches de menthe pour atténuer un peu la puanteur. 

La ville la plus ancienne du Maroc

La Médina de Fès est la plus ancienne du Maroc et l’une des plus grandes du monde islamique. Il a été déclaré patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1981, et des centaines et des centaines de personnes y vivent chaque jour. Ses rues labyrinthiques sont pleines d’étals, de touristes et de locaux. Partout où vous allez, des commerçants avec leurs ânes transportant les différentes marchandises, se frayant un chemin à travers le tumulte et le bruit général. Mais tout n’est pas chaos dans cette Médina. Les étals sont commandés par des guildes, d’où l’existence du quartier des artisans, du quartier des potiers, du quartier des forgerons, du quartier des tailleurs, du quartier des tanneurs. Personne ne vient dans cette avec une carte, et ils n’ont pas à le faire. La meilleure chose à faire est de se perdre, il suffit d’entrer dans une des allées et de suivre son instinct. Profitez de l’amalgame des couleurs, des odeurs et des saveurs et, si à un moment donné vous ressentez le besoin de trouver votre chemin, arrêtez-vous un instant et utilisez votre odorat. L’odeur qui attend dans le quartier des tanneurs.  

Les principaux quartiers et monuments de la ville de Fès 

Les quartiers de Fès El Bali

Vue sur l’ancienne médina en longue exposition. Les dix-huit quartiers de Fès el Bali connus pour la plupart depuis l’époque des Mérinides, ont été répertoriés. Il s’agit des quartiers suivants :

– Nejjarine et Guerniz

– Maadi, Aqbat ben Soual, Zqaq Elbghel, Quettanine

– Bab noqba, Sebaa Louyat, Sagha

– Derb Touil et Blida

– Fondouq lihoudi, Heffarine, Sidi Ahmed ben Yahia

– Bab Elguissa et Zqaq Erroumane

– Zqaq el Hjer, Souiket Bensafi, Zqaq Rouah, Zqaq el ma

– Cherabliyine, Menia, Cherchour

– Talaat Fas

– Siaj, Sidi Ahmed Chaoui, Eljorf, Laayoune, Douh

– Ras Jenane, Gueza ben Amer, Rehbat Zbib

– Gueza Ben Zekkoun et Sidi Elaouad

– Ercif et Qualqliyene

– Gueza Berqouqa et Makhfia

– Derb Echikh

– El Guezira

– El Qouas

– Chibouba, Seffah, Jamaa El andalous, Keddane et Errmila 

La ville compte au moins 785 mosquées, construites sous le règne des Almohades, Aujourd’hui, bien que leur nombre soit moindre, les mosquées historiques de Fès demeurent nombreuses. Les principales à ne jamais nier sont : 

– Mosquée El-Qaraouiyyîn

– Mosquée Ech-Cherabliyyîn

– Mosquée des Andalous

– Mosquée Sidi Lezzaz

– Mosquée Abou Al Hassan

– Mosquée El Ouad

– Mosquée Al Hamra

– Mosquée Al Beida

– Mosquée Al Azhar

– Mosquée Rcif

– Mosquée Boujeloud

– Grande mosquée de Fès

Valeur universelle exceptionnelle 

La médina de Fès conserve, dans un parcellaire ancien à forte densité monumentale, le souvenir de la capitale fondée par la dynastie idriside entre 789 et 808 de notre ère. La ville primitive comportait deux grands quartiers fortifiés et séparés par l’oued Fès : la rive des Andalous et celle des Kaïrouanais. Au XIe siècle, les Almoravides réunirent la ville à l’intérieur d’un seul rempart et, sous la dynastie des Almohades datant du XIIe au XIIIe siècles, la ville primitive prenait déjà ses dimensions actuelles. Sous les Mérinides, une ville nouvelle ou Fès Jedid fut fondée en 1276 à l’Ouest de l’ancienne ou Fès El-Bali. Elle abrite le palais royal, le siège de l’armée, des fortifications et des quartiers résidentiels. Dès cette époque, les deux entités de la médina de Fès évoluent en symbiose constituant l’une des grandes métropoles islamiques incarnant une grande variété de formes architecturales et de paysages urbains. Elles comportent un nombre considérable de monuments à caractère religieux, civil et militaire qui matérialisent une culture aux multiples influences. Cette architecture est caractérisée par des techniques de construction et de décoration développées sur une période de plus de dix siècles, et où se sont mêlés les connaissances et savoirs-faire locaux et des inspirations extérieures diverses. La médina de Fès est considérée comme l’une des villes historiques les plus vastes et les mieux conservées du monde arabo-musulman. L’espace urbain non carrossable y conserve la majorité de ses fonctions et attributions d’origine. Elle ne représente pas seulement un patrimoine architectural, archéologique et urbain exceptionnel, mais elle véhicule aussi un mode de vie, des savoirs-faire et une culture qui persistent et se renouvellent malgré les divers effets des mutations des sociétés modernes. La médina de Fès constitue un témoignage vivant d’une cité florissante de l’Occident méditerranéen ayant exercé une influence considérable principalement du XIIe au XVe siècle, sur le développement de l’architecture, des arts monumentaux et de l’aménagement urbain, notamment en Afrique du Nord, en Andalousie et en Afrique sub-saharienne. Fès Jedid ou la Neuve), s’est inspirée du modèle urbain antérieur de Marrakech. La médina de Fès constitue un exemple éminent d’une ville médiévale créée aux tous premiers siècles de l’islamisation du Maroc et matérialisant un type original d’établissement humain et d’occupation du territoire traditionnel représentatifs de la culture citadine marocaine sur une longue période historique, soit du IXe au début du XXe siècle. Le parcellaire ancien avec sa haute densité de monuments à caractère religieux, civil et militaire de la médina sont les témoins de cette culture et le résultat de son interaction avec les diverses couches de peuplement qui ont déterminé la grande variété de formes architecturales et le paysage urbain.

Tannerie du millénaire 

Il n’y a qu’à Fès et à Tétouan que ce processus millénaire de transformation des peaux d’animaux en articles de maroquinerie est réalisé. L’une des tanneries est devenue une destination touristique majeure. C’est Al-Chauara, que vous avez peut-être vu sur une photo. Les puits de teinture lui donnent un aspect très pittoresque. Les tanneurs mettent les peaux dans l’eau et l’effet est produit, comme par magie. Une odeur presque nauséabonde imprègne tout. Avec gentillesse, les tanneurs nous offrent une menthe ou une herbe aromatique pour que l’effet ne soit pas si fort. Il faut plusieurs jours pour qu’une peau acquière son propre colorant. C’est un processus lent, fait à la main, mais il est devenu une véritable incitation touristique. Les tanneurs le savent, mais ils sont toujours là, au travail. Indigo pour le bleu, cochenille pour le rouge et gualda ou carthame pour le jaune, sont quelques-uns des colorants utilisés. Autour des tanneries, un bon nombre de touristes viennent chaque jour. On vous recommande d’y aller tôt pour apprécier une bonne partie du processus, mais faites attention au cri de barak que les commerçants lancent pour demander le passage avec leurs ânes. La sensation de se promener dans la Médina de Fès est indescriptible si l’on veut utiliser des mots.